Affaire Aida Mbacké/Khadim Ndiaye : qu’attend-t-on réellement des organisations de femmes?

L’affaire de la femme qui a brulé son mari pour une histoire de « fausses niaréél » (coépouse), continue de faire le chou gras de la presse nationale. Et depuis, une question taraude les esprits : pourquoi ce silence assourdissant des organisations de défense et de protection des femmes ?

D’après les informations qui ressortent de sources diverses, à l’origine de cette affaire, le mari qui aurait dit à sa femme qu’il lui avait trouvé une co épouse alors qu’en réalité, cette seconde épouse ne serait rien d’autre qu’une voiture qu’il aurait acheté comme cadeau à sa femme enceinte et qui devait bientôt accouché. Accouchement qui a d’ailleurs il y a deux jours par césarienne. Et l’on raconte que ce n’était pas la première fois que cette question crée la discorde au sein du couple. « La femme l’avait même menaçait de lui faire le pire s’il s’aventurait à passer à l’acte et que les disputes conjugales étaient trés fréqientes chez le couple », nous disent certains.

Ce qui veut dire que le mari savait très bien que la femme ne badinait pas avec la question, quoi que, le mari ne s’imaginait pas que sa « dulcinée » allait passer à l’action et cela de la pire des manières. En aspergeant son appartement d’essence avant d’y mettre le feu avec son mari dormant dans la chambre conjugale et qui a finalement perdu l’âme des suites de brulures au troisième degré.

Si l’écart de communication pourrait être soulevé dans ce problème. Au-delà de la communication, on pourrait bien parler de la polygamie et de sa représentation chez le commun des sénégalais et qui est à porte-à-faux avec les recommandations religieuses. Aussi bien de la part des hommes que chez les femmes qui souvent, prennent la polygamie comme un échec de leur part. Que Nenni ! Le mariage n’est pas une fin en soi.

Si de leur part, l’association des maris battus, par la voix de leur président, Charles Foster, est montée au créneau pour fustiger cet acte. Du côté des organisations de défense des droits des femmes, c’est encore le silence, on ne les entend pas sur la question. Est-ce par prudence?

En tout cas, de notre côté, toutes celles que nous avons contactées par nos soins ont voulu jouer la carte de la prudence. « Attendons de voir ce qu’il en est réellement de cette affaire avant de pouvoir nous prononcer la-dessus. Nous voulons vraiment être prudentes. Jusqu’à présent, ce ne sont que des spéculations qu’on entend puisque la principale mise en cause n’a pas encore dit sa propre version des faits », nous dit cette présidente d’une des plus grandes organisations de défense et de promotion des droits des femmes et des filles.

Pour cette autre dame, même son de cloche, « nous ne pouvons rien dire pour le moment ». Ne se limitant pas à cela, elle a profité de notre coup de fil pour fustiger le traitement de la question à travers les médias ainsi que la diffusion des images aussi bien du mari que de la femme. « Cela peut avoir des conséquences néfastes sur les deux familles ainsi sur l’avenir de leurs enfants », regrette-t-elle. Avant de laisser entendre, « laisser d’abord la police et la justice faire son travail et après on saura comment réagir, mais pas maintenant ».

Pour l’Association des Juristes sénégalaises (AJS), leur présidente, dans une sortie récente dans des radios de la place, a fait part de la position de son organisation qui « condamne fermement cet acte en attendant les résultats de l’enquête ».

Toutefois, elles ont alerté sur le fait que « certains veuillent profiter de cette affaire pour coûte que coûte chercher à renverser la tendance en voulant montrer que les femmes sont les auteures de ces violences. Combien de femmes sont tuées par leur mari? Combien de femmes souffrent en silence? »

Si les organisations de femmes devaient parler, ce serait vraiment, à l’état actuel de l’affaire, ce serait de montrer, à travers des chiffres que cette tendance ne pourrait être renversée car la tendance est que les femmes sont les principales victimes et non le contraire. Le nombre de femmes violentées ou même tuées par leurs maris ne peuvent être comparé au contraire, au regard des chiffres qui ressortent de différents études, sondages et autres régistres sur les cas de violences conjugales.

 

Par mounamak

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