Changement climatique: les femmes, premières impactées, ont leurs mots à dire

Nous devons à nous-mêmes et à la prochaine génération de préserver l’environnement afin que nous puissions léguer à nos enfants un monde durable qui profite à toutes et tous », disait le Prix Nobel de la Paix Wangari Maathai, connue pour avoir été une fervente militante écologiste.

Un appel bien entendu par OnuFemmes et ONU Environnement qui ont uni leurs forces pour intervenir dans le cadre d’un futur programme mondial visant à promouvoir l’entrepreneuriat des femmes en faveur de l’énergie durable.

Un programme sera initialement lancé au Sénégal, au Maroc, au Myanmar, en Indonésie, en Bolivie et en Inde.  Inde, pays où les femmes, selon des estimations, ont accès à une énergie propre et renouvelable dans le cadre du programme actuel.

La planète est menacée, le gaz à effet de serre d’origine anthropique ainsi que la surexploitation des ressources naturelles de la terre et des modes de production et de consommation constituent un risque pour l’ensemble de l’humanité.

Et les plus pauvres au monde sont souvent les plus durement touchés. « Un changement climatique touche tout le monde – mais ce sont les plus pauvres et les plus vulnérables, en particulier les femmes et les filles, qui sont les premières victimes des crises écologiques, économiques et sociales », ont fait savoir un document conjoint des deux entités.

Selon elles, « les catastrophes dues aux changements climatiques aggravent la profonde inégalité entre les sexes » car souvent, « les femmes et les filles sont les dernières à manger ou à être secourues ; par ailleurs, elles font face à plus de risques pour la santé et la sécurité lorsque la qualité de l’eau et de l’assainissement se détériorent, et elles doivent prendre charge de davantage de travaux domestiques et dispenser plus de soins aux personnes lorsque les ressources viennent à manquer ».

Dans de nombreux pays en développement, les femmes et les filles doivent souvent porter le fardeau de la collecte d’eau, de combustible et de l’approvisionnement en aliments.

Selon l’UnWomen, le temps total passé à transporter de l’eau chaque jour dans 25 pays de l’Afrique subsaharienne, par les femmes est de 16 millions d’heures. Au moment où pour les hommes et les enfants, c’est respectivement 6 et 4 millions d’heures.

« C’est ma routine trois fois par jour… je dois aller chercher de l’eau pour nos besoins ainsi que pour les chèvres et les moutons, car ils sont trop faibles pour marcher », explique Paulina Epung’u, cette mère de sept enfants au Kenya, dans le district de Turkana frappé par la sécheresse.

Le changement climatique accroît les risques de sécheresse qui peut détruire les cultures, les sols, la flore et la faune, accélérer la pénurie alimentaire et aggraver la situation des femmes et des filles, surtout dans les lieux déjà fragilisés.

Consciente de ce fait, le défenseur hongurien des droits des peuples autochtones et de l’environnement, Berta Càceres lance, « nous n’avons pas de planète de rechange ou de remplacement. Nous n’avons que celle-ci, et nous devons la protéger ».
Ainsi, en tant qu’adopteurs précoces de techniques agricoles, premières intervenantes dans les situations de crise, entrepreneures se servant de l’énergie verte ou décideuses au domicile, les femmes sont des agentes du changement qui doivent également faire partie des avancées vers un avenir durable.

Aujourd’hui encore, les combustibles fossiles émetteurs de gaz à effet de serre restent les principales sources d’énergie. Les femmes assument une part disproportionnée du fardeau de la pauvreté énergétique.

 

Par mounamak

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