Kébémer: Ngoita Gaye condamné à 20 ans de travaux forcés pour meurtre

Ngoita Gaye a été déclaré coupable de meurtre et condamné à 20 ans de travaux forcés par la chambre criminelle du tribunal de grande instance de Louga. Il avait tranché le coup de son ami avec un coupe-coupe. C’était le 13 mai 2016, au marché hebdomadaire de Ndande, dans le département de Kebemer.

Attrait à la barre de la chambre criminelle  du tribunal de grande instance de Louga, Ngoita Gaye (40 ans), éboueur et père de deux enfants déclare: « le 13 mai vers 15h, j’étais avec mon ami intime, Boubacar Sow alias Boubel, au marché hebdomadaire de Ndande, parce que nous voulons convoyer les bêtes au village de Handoulaye. Malheureusement avant notre départ, les cornes des bêtes se sont entremêlées. Voulant les séparer, j’ai demandé à mon ami Boubel de me prêter le bâton qu’il tenait entre ses mains. Il l’a lancé à ma direction. Seulement constatant qu’il n’était plus armé pour faire face à ses vaches qui devenaient très violentes, je lui est lancé à mon tour, mon coupe-coupe qui l’a malheureusement blessé au coup. Il est décédé les minutes suivantes. Je ne voulait pas le tuer, Boubel était mon meilleur ami… » Ainsi, l’accusé changeait-il de fusil d’épaule, servant un discours contraire à celui tenu à l’enquête préliminaire.

Face aux gendarmes de Kebemer qui l’avait arrêté quelques heures après les faits, il confiait: « Boubel et mois convoyions des bêtes au village de Handoulaye. Mais avant notre départ, nous avions échangé quelques propos aigres doux, il est entré dans un colère noir et s’est mis à m’injurier et m’a administré un violent coup de bâton. J’avais perdu connaissance mais j’ai riposté, en reprenant les esprits et je lui ai donné un coup de coupe-coupe à l’aveuglette qui, malheureusement, l’a atteint au niveau de la gorge. Quand le sang a giclé, j’ai pris la fuite, me terrant dans l’enclos de mon père, où les gendarmes me trouveront. Je précise que je ne voulait pas le tuer, j’ai agit sous le coup de la colère ».

Relancé par le parquet, qui lui fera comprendre qu’il a complètement changé de version, l’accusé sert un moyen de défense tiré des cheveux: « Je ne suis pas l’auteur de ces propos ». A la fin des débats contradictoires, le substitut du procureur a ressorti les failles des déclarations de l’accusé. Convaincu de la culpabilité de l’accusé, le représentant du ministère public a requis les travaux forcés à perpétuité. La défense a plaidé pour une application bien vaillante de la loi pénale. Après une trentaine de minute de délibéré, la chambre criminelle, présidée par le juge Malick Diop, a condamné l’éboueur, Ngoita Gaye, à 20 ans de travaux forcés.

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